GUYOMARC’H Jacques (1917-2006)

Né à Dinan (Côtes d’Armor) en 1917, Jacques Guyomarc’h passe ses jeunes années avec sa famille à Paris où, étudiant en Lettres à la Sorbonne, il s’engage activement dans la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC). Après une mobilisation de neuf mois en 1940, il s’inscrit à un stage à destination des cadres des futurs centres de jeunesse, par lequel le Secrétariat général à la jeunesse de Vichy offre un hébergement, une formation professionnelle et des apprentissages aux jeunes sans emploi. Son certificat en poche, il est d’abord nommé cadre de l’Ecole de responsables de centres ouverte par le pasteur Jean Jousselin au domaine de Sillery à Epinay-sur-Orge. Puis, en août 1941, ce dernier lui obtient un poste à l’Ecole régionale de cadres de jeunesse de Bretagne à La Haye-en-Mordelles (Ille-et-Vilaine) où il reste 18 mois. C’est au même que Jacques Guyomarc’h doit sa désignation en avril 1944 comme secrétaire général de la Fédération bretonne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, la neuvième des associations régionales de ce type créées sur tout le territoire. Dans la foulée, il reçoit mission de créer un centre d’observation pour la jeunesse délinquante. D’abord installé à l’hôpital psychiatrique de Rennes, le centre d’observation de La Prévalaye ouvre le 9 octobre 1944 dans des baraquements insalubres auparavant occupés par les Allemands. Avec l’aide de son épouse Juliette, il aménage intégralement cet établissement qui devient leur foyer et dont il sera le directeur jusqu’en 1963.
Entre-temps, Jacques Guyomarc’h est dès 1947 le premier secrétaire général de l’Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (ANEJI) dont il occupe ensuite la présidence de 1963 à 1971. Il exerce plusieurs autres responsabilités dans le secteur de la protection de l’enfance en Bretagne (CREAI, IRTS). Co-fondateur du Conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée (CNAHES) en 1994, et membre de son conseil d’administration jusqu’à sa disparition en janvier 2006, il laisse un témoignage majeur de son activité d’éducateur et de militant associatif à travers le fonds d’archives qu’il a constitué tout au long de sa vie. En effet, il peut être considéré comme un influent représentant de ces générations de pionniers qui ont pris en charge la jeunesse en difficulté et ont œuvré pour la professionnalisation du secteur de l’enfance inadaptée de l’après-guerre.