LAFON Robert (1905-1980)

Robert Lafon est né à Marseillan (Hérault) où son père était médecin de village. Assistant libre puis interne dans le service du doyen Jules Euzière à Montpellier, il y est nommé en 1934 chef de clinique des maladies mentales et nerveuses et ouvre parallèlement un cabinet privé l’année suivante.
Ses responsabilités comprennent celle de la Consultation d’hygiène mentale infantile créée dans le service en 1933. Il y examine surtout les enfants placés ou susceptibles d’être placés en classe de perfectionnement puis, en 1935, les mineurs suivis par le Service social près le Tribunal. Marqué par ses contacts avec assistantes sociales, juristes, magistrats, administrateurs publics et personnes privées réunis autour des mêmes problèmes, il défendra par la suite ce modèle d’« équipe » interprofessionnelle. Dès 1943, il accumule les responsabilités au sein de la coordination régionale mise en place : secrétaire et conseiller technique de l’Union régionale de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (ARSEA de Montpellier) créée en avril, fondateur de l’Institut régional de psychopédagogie médico-sociale (future IPPMS) en octobre, chargé de mission d’un Comité régional de coordination (public) et responsable de sa Commission des questions médicales et éducatives. Il devient l’un des animateurs d’un secteur privé associatif dont le choix s’impose, dit-il, non par choix de principe mais par nécessité du fait de la carence d’initiatives publiques.
En 1946, il est agrégé et enseigne la neurologie dans la section de neuropsychiatrie de la Chaire de clinique des maladies mentales et nerveuses, avant d’y être titularisé en 1952 en remplacement du doyen Euzière.
En 1948, il devient le président de l’Union nationale des associations de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (UNAR), créée pour représenter les ARSEA au niveau national et entretenir un dialogue avec les ministères concernés. Lorsque celle-ci est remplacée en 1964 par un nouvel organisme (le Centre technique national pour l’enfance et l’adolescence inadaptées, CTNEAI), il fonde l’Association française de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (AFSEA) pour maintenir le lien entre les associations de sauvegarde.
Parallèlement, il assure la promotion de la psychopédagogie médico-sociale, une discipline de synthèse de sciences humaines adaptée à la sauvegarde de l’enfance. Il s’inscrit dans la recherche sur les facteurs et les mécanismes des inadaptations et défend la théorie d’une unité des problèmes de "l’enfance inadaptée" par-delà les catégories d’enfants et adolescents en difficulté. Il accède à une stature internationale à travers les manifestations de l’UMOSEA (Union mondiale des organismes de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence) dont il est aussi le président, ses conférences à l’UNESCO, l’organisation en 1967 du premier congrès scientifique international sur l’arriération à Montpellier...
Robert Lafon décède à Castelnau-le-Lez près de Montpellier.

Texte : Sylvain Cid