TETARD Françoise (1953-2010)

Françoise Tétard est née en 1953 à Boulogne-sur-Mer d’une mère institutrice et d’un père comptable. Militante au Parti communiste, elle s’engage très tôt dans l’animation socio-culturelle en devenant animatrice puis instructrice aux CEMEA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active). Après des études d’histoire à Amiens, elle entre en 1975 au CFRES (Centre de formation et de recherches de l’Education surveillée) de Vaucresson, en y accompagnant d’abord un stage de l’OFQJ (Office franco-québécois de la jeunesse). Elle y restera vingt ans durant, tout en y faisant ses armes d’historienne. En 1979, elle y est nommée ingénieur d’études CNRS. En 1982, elle obtient un DEA en histoire à l’Université Paris VII avec un mémoire intitulé Recherche exploratoire pour une histoire de la jeunesse 1930-1965, dirigé par Michelle Perrot, dont elle reconnaît l’héritage intellectuel.
Dès lors, Françoise Tétard entreprend un doctorat sur le thème des Politiques de la jeunesse dans la France en Reconstruction 1944-1966 sous la direction d’Antoine Prost. Cette réflexion alimentera pendant près de vingt ans une part essentielle de ses actions de recherche et d’animation de la recherche, de promotion de l’histoire et de publication, sans aboutir à la forme académique d’une thèse. Ce faisant, elle aborde le champ des politiques menées auprès à la fois de « la jeunesse qui va bien » et de « la jeunesse qui va mal » mises en œuvre majoritairement par des associations. En 1995, le Centre de Vaucresson ferme ses portes et Françoise Tétard rejoint le Centre d’histoire sociale du XXe siècle. Le thème des « enfances irrégulières » et de leurs institutions prend une place prépondérante dans ses écrits, suivi par un ensemble de travaux sur les mouvements, institutions et associations d’éducation populaire.
Son souci d’instituer un véritable champ de recherche l’amène à se préoccuper du sort des nombreuses archives conservées par les associations et leurs militants. Elle apporte ainsi une forte contribution à la création du CNAHES (Conservatoire national des archives et de l’histoire de l’éducation spécialisée) en 1994, puis à celle du PAJEP (Pôle des archives de la jeunesse et de l’éducation populaire) en 1999, et à leur animation respective.

Texte : Sylvain Cid

Source illustration : archives CNAHES