PRETOT Renée (1926-2003)

Renée Prétot a été une figure marquante dans le monde de la rééducation, notamment celle des filles. Née Prévaud, elle est originaire de Charente maritime, où elle a exercé comme professeur de français au cours complémentaire du château d’Oléron avant de se consacrer à ce secteur. Petite fille d’instituteurs de l’école laïque, elle a hérité des valeurs républicaines de ses grands-parents paternels. Les motivations pour son déplacement vers la région parisienne sont enracinées dans son investissement pour l’enfance délinquante. Un premier stage en août 1954 à l’internat professionnel d’Éducation surveillée (IPES) de Brécourt (Seine et Oise), l’amène à prendre un poste dans cette institution chargée de filles placées par des juges pour enfants, dépendant du ministère de la Justice. À Brécourt, elle exerce pendant deux ans comme éducatrice chargée d’enseignement, puis trois ans chef de service éducatif. C’est là qu’elle écrit ses premiers articles sur la rééducation des filles, où s’expriment clairement ses aspirations à une pédagogie novatrice. Elle quitte Brécourt en 1959, en désaccord avec les méthodes de la directrice, Dominique Riehl, et surtout les principes de l’internat fermé. Elle rejoint à Paris l’association nationale d’entraide féminine (l’ANEF) qui a à peine neuf ans d’existence. Ce service de Milieu ouvert a été fondé par des femmes professionnelles de la rééducation pour pallier le vide existant pour les filles sortant d’établissements fermés à leur majorité (21 ans). Elle reste neuf ans à l’ANEF, dont elle prend la responsabilité du service parisien. En 1968, elle revient à l’Éducation surveillée, où elle est sollicitée par la direction qui cherche à ouvrir un deuxième internat de filles. C’est à Bourges que le projet se concrétise, le ministère de la Justice saisissant l’opportunité de la vente du Bon Pasteur, installé dans cette ville depuis plus d’un siècle. Cet IPES devient un lieu expérimental d’un nouveau genre, dont Renée Prétot est la capitaine du « Pourquoi pas ? ». Son article fondateur : « le complexe éducatif » est écrit cinq ans après son arrivée, en 1973 année de son mariage avec Lucien Prétot, inspecteur à l’Éducation surveillée. Elle quitte Bourges après 14 ans de mise en œuvre d’une pédagogie de désenfermement, d’ouverture de voies nouvelles vers la citoyenneté, pour les filles, puis pour garçons et filles. En 1981, elle est nommée directrice de l’École nationale de formation des personnels de l’Éducation surveillée (l’ENFPES) à Savigny sur Orge, où son rayonnement continuera jusqu’à sa retraite en octobre 1984. Là elle mit ses idées de « tête chercheuse », comme elle se définissait elle-même, au service de tous les personnels de toutes catégories, et participa à la création de la revue Ancres.

Texte : Claire Dumas.