Aniane

Aniane est le nom donné à la Colonie pénitentiaire industrielle, puis à la Maison d’éducation surveillée (années 1930), puis à l’IPES (années 1950-70) d’Aniane, à 30 km de Montpellier. Cette ancienne Abbaye, devenue filature de coton, se transforme à la fin du XIXe siècle en une maison centrale de détention qui fonctionne jusqu’en 1885.

C’est en 1886 qu’ouvre tout d’abord une colonie privée qui l’année suivante devient une colonie pénitentiaire publique pour garçons. Cette colonie accueille des mineurs de 16 à 21 ans préparés aux professions industrielles urbaines : mécanique (ajustage, tournage sur métaux, serrurerie, électricité), forge et taillanderie, chaudronnerie, tôlerie, ferblanterie, plomberie, zinguerie, charronnage, ébénisterie ainsi que culture des vignes et jardinage. En 1919, l’effectif est de 266 pupilles. Après l’ordonnance de 1945 et malgré sa dénomination « IPES », Aniane joue, selon les termes du rapport annuel de l’Education surveillée de 1950, « tant bien que mal le rôle d’institution corrective ». A l’instar de Eysses jadis, il reçoit alors les indisciplinés des autres institutions, les récidivistes et certains mineurs condamnés en vertu de l’article 67.
En 1952, à la suite de sa transformation en IPES « classique », on y prépare en deux à trois ans, au CAP d’ajustage, de tournage, de fraisage, de tôlerie, de serrurerie, de plomberie, de maçonnerie, de plâtrerie. Quelques élèves vont même y poursuivre des études classiques par correspondance et obtenir le brevet ou le baccalauréat. Aniane sera dans les années 1990, non plus un internat, mais un lieu d’insertion et de formation par le sport. Le bâtiment est remis aux Domaines par la PJJ à la fin de l’année 2000.

Texte : Véronique Blanchard.