Brécourt

L’unique internat public pour les filles entre 1947 et la fin des années soixante sera l’IPES de Brécourt. Il est imaginé et dirigé pendant plus de 20 ans par Mlle Riehl. Cet établissement sera longtemps considéré comme un modèle d’innovation, il est vrai qu’à son ouverture en 1947 il se démarque grandement des écoles de préservation et des Bon Pasteur.

C’est pendant le second conflit mondial que les services de l’Éducation Surveillée donnent carte blanche à Dominique Riehl, psychologue à Strasbourg spécialisée dans la problématique des adolescents délinquants et assistante du Pr Lagache. En octobre 1944, alors que la France est encore occupée par l’ennemi Mlle Riehl devient la directrice de l’Ecole de Préservation de Cadillac avec la ferme décision d’y appliquer ses méthodes. Sa réforme s’élabore et se rôde à Cadillac, mais le profond désir de son instigatrice est de “tenter du neuf sur du neuf”, pour cela elle veut trouver un vaste domaine neutre et agréable. Ce sera Brécourt (dans l’Oise), un château de la fin du XIXe siècle, avec une propriété de plus de 60 hectares. Un système pavillonnaire peut se mettre en place, 12 jeunes filles par résidence (pour une capacité totale de plus de 60 jeunes), avec de nombreux ateliers professionnels et ceci dans un cadre superbe. Pourtant assez vite l’institution se sclérose et surtout revient aux obsessions habituelles concernant les filles : la discipline des corps pour éviter tous les débordements sexuels. Cet établissement clos sur lui-même et peu apte à évoluer avec la société des années 1970, fermera ses portes en 1994, et sera donné à une communauté religieuse pour l’insertion d’un public de jeunes adultes.

Texte : Véronique Blanchard.