Gaillon

Le quartier pénitentiaire pour jeunes détenus de la maison centrale de Gaillon (Eure), premier du genre en France, est créé en 1820, un an seulement après l’arrêté du ministre de l’Intérieur qui prévoit une séparation des adultes et des jeunes détenus dans les prisons départementales. Il reçoit des délinquants mineurs de moins de 16 ans et des enfants de moins de 20 ans en correction paternelle. En 1824, un lot de terre de 26 hectares est acquis sur le plateau dominant Gaillon et la vallée de la Seine pour y faire travailler les jeunes détenus dans les champs. Cette organisation trouve son aboutissement dans la création d’une colonie agricole publique fondée en 1847 dans la propriété des Douaires et devenue autonome en 1862. Entre-temps, le quartier pénitentiaire, largement peuplé de jeunes Parisiens, est devenu l’unique quartier industriel existant auprès d’une maison centrale, en contradiction avec la lettre de la loi du 5 août 1850 qui ne prévoit que des colonies agricoles. Il disparaît en 1864, ses 276 jeunes détenus étant répartis entre les colonies des Douaires et de Saint-Hilaire.

En 1900, la suppression de la maison centrale de Gaillon ouvre une deuxième période dans la prise en charge de mineurs de justice. Après celle d’Eysses en 1895, une deuxième colonie correctionnelle est en effet créée dans ses bâtiments en 1908. Liée administrativement à la colonie agricole des Douaires, elle reçoit exclusivement les indisciplinés des autres colonies. Après sa fermeture en 1915 et le transfert de ses pupilles à Eysses, les locaux sont utilisés comme pénitencier militaire. La colonie est rouverte en 1920 mais refermée l’année suivante, comme plusieurs autres colonies pénitentiaires à la même époque (Saint-Bernard, Val d’Yèvre, les Douaires, Auberive).

Texte : Sylvain Cid