Sables d’Olonne

La loi du 25 mai 1951 modifie l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante. Elle prévoit, dorénavant dans son article 2 la mise en place d’une Cour d’assise pour mineurs, et donc des peines d’emprisonnement. Cet article est complété par le décret du 12 avril 1952, qui prévoit que les mineurs de moins de 20 ans condamnés à des peines supérieures à 12 mois puissent être détenus dans des établissements spéciaux. La direction de l’Education Surveillée est très réticente à cette réforme car, selon elle, cette disposition entretient la confusion entre la peine et la mesure éducative.

Le séjour à l’ISES est d’environ 6 mois, il est prévu qu’il puisse déboucher sur une post-cure chez des artisans locaux ou dans un foyer ouvert à cet effet à Nantes (juillet 1956). L’institution dispose d’abord d’un atelier de parpaing, puis d’un atelier de menuiserie. Il est imaginé pour les élèves méritants des séjours en ville avec des éducateurs, puis en fonction des comportements des sorties libres bien que fort réglementées. La majorité des jeunes est, par exemple, inscrite dans des associations locales d’athlétisme.

Le projet insiste sur la nécessité pour ces mineurs qui ont souvent plus de 18 ans de « créer par le métier et la post-cure les conditions d’accession au statut d’adulte ». Un an après l’ouverte il y a 15 mineurs dans l’ISES dont 5 en post-cure chez des employeurs. Entre 1954 et 1958, 76 mineurs ont été placé à l’ISES, 50 l’ont quitté soit suite à une fugue entraînant l’incarcération (19 cas), soit pour un parcours de re-socialisation (31 cas). À l’été 1959, quelques incidents ont lieu avec les vacanciers (les Sables d’Olonne sont des plages fréquentées), les autorités interviennent pour demander un centre plus sévère, on évoque une maison disciplinaire, on souhaite se rapprocher d’une structure fermée. Ce projet ne sera pas réalisé, et l’ISES ferme dans les premiers mois de 1960. En pleine période des « blousons noirs », l’Éducation Surveillée préfère privilégier le développement des centres spéciaux d’observation dans les prisons (CSOES).

Texte : Jacques Bourquin.