CECCALDI Pierre (1910-1969)

Pierre Ceccaldi est né à l’ile Rousse en Corse. Enfant d’une famille nombreuse, il poursuit des études secondaires au Lycée de Bastia. Bachelier, il s’inscrit en 1929 à la Faculté de droit de Paris et à l’École libre de sciences politiques tout en suivant une licence d’italien.

Lauréat de la faculté de droit de Paris pour deux diplômes d’études supérieures en droit constitutionnel et en droit civil, il passe en 1935 le concours de rédacteur du Ministère de la Justice et est affecté à la direction de l’administration pénitentiaire. Il entre au cabinet du directeur en 1941, l’administration pénitentiaire étant installée à Vichy mais disposant d’une délégation permanente à Paris. Au sein de ce service à Paris, des travaux importants sont menés quasi clandestinement pour poursuivre l’œuvre administrative et législative de 1936. Pierre Ceccaldi est ainsi chargé de rédiger la circulaire du 21 Mars 1942 sur la détention préventive des mineurs qui prévoit de limiter leur détention provisoire et de « rechercher, au siège du tribunal ou dans les environs immédiats, un établissement public ou privé, ou encore une personne charitable, susceptible de prendre en charge l’enfant en attendant que l’autorité judiciaire statue sur son cas ». Ce texte renouvelle la circulaire Pernod de 1936 sur les centres d’accueil est est à l’origine des centres d’accueil et d’observation qui sont officialisés dans le cadre de la loi du 27 Juillet 1942 sur les Tribunaux pour enfants. En 1943, lorsque l’Administration Pénitentiaire est rattachée au Ministère de l’Intérieur, l’Éducation Surveillée devient une sous-direction dont Pierre Ceccaldi prend la responsabilité. Il est maintenu dans ses fonctions au moment de la Libération en Août 1944.

À cette période il collabore à la commission présidée par Mme Hélène Campinchi en vue de la rédaction de l’ordonnance du 2 Février 1945 sur l’enfance délinquante. Lorsque le 2 Septembre 1945 l’Éducation Surveillée se détache de l’Administration Pénitentiaire pour devenir une direction autonome, Pierre Ceccaldi est nommé sous-directeur sous l’autorité de Jean-Louis Costa magistrat à la Cour des comptes. Pendant six ans ces deux hommes « formeront un véritable tandem » autour d’un plan quinquennal élaboré dès 1946. Au début des années 1950 les premières réalisations voient le jour, avec l’ouverture du Centre de Formation et d’Études de l’Éducation Surveillée (CFEES) à Vaucresson, la fermeture de l’ancienne école de préservation pour filles de Cadillac, l’ouverture de structures d’internat plus légères (ISES de Lesparre et des Sables d’Olonnes), les premières tentatives d’observation en milieu ouvert, les travaux sur la Liberté surveillée…

En Janvier 1957, Pierre Ceccaldi remplace Jacques Siméon à la tête de l’Éducation surveillée, il y reste jusqu’en 1964. Il est un des inspirateurs de l’ordonnance du 23 Décembre 1958 confiant au Juge des enfants l’assistance éducative. À partir de 1962, L’Éducation Surveillée est inscrite au IVe plan, et sous l’impulsion de son directeur l’ouverture des établissements se multiplie : foyers de semi-liberté, milieux ouverts… Le centre de formation de Vaucresson crée un secteur recherche en lien avec le CNRS et prend une dimension internationale. Pierre Ceccaldi et Henri Michard, directeur de Vaucresson, participent par exemple aux activités du conseil de l’Europe sur les problèmes de la délinquance juvénile. En 1964, Pierre Ceccaldi est nommé directeur de l’Administration générale et de l’équipement au ministère de la justice, il conservera toujours un œil sur l’Éducation Surveillée.

Texte : Jacques Bourquin.