Lesparre

En 1949, l’établissement de Lesparre installé dans une prison désaffectée est l’annexe de l’IPES de Cadillac (ancienne école de préservation). En application de la loi du 24 mai 1951 relative à la sortie des mineurs inéducables des IPES, on prévoit des Institutions spéciales de l’Education Surveillées (ISES) créées par le décret du 12 avril 1952. Lesparre devient donc une ISES en 1952 et accueille 17 jeunes filles repérées comme les plus « caractérielles ». Le régime est strict comme l’explique Jean-Louis Costa : « isolement nocturne rigoureux et travail diurne très actif », la priorité est faite à l’individualisation de l’accompagnement. La même expérience est tentée pour les garçons aux Sables d’Olonnes.

À Lesparre les activités quotidiennes sont la couture avec la création d’un trousseau, le jardinage et des travaux qui permettent de constituer un pécule. La discipline et le regard posé sur les jeunes mineures sont sévères, cependant les éducatrices commencent à prendre des initiatives éducatives. Par exemple, il est rapidement autorisé que les chambrettes soient décorées selon les goûts de chacune, de plus les jeunes filles peuvent sortir en ville accompagnées par leurs éducatrices (sorties cinéma, bals, plage…), la télévision fait son entrée dès 1958. Enfin il existe un service de suite actif pour trouver un travail à la sortie, souvent un placement comme domestique chez des particuliers, parfois un retour dans la famille.
L’ISES de Lesparre est un établissement fermé, mais sans doute plus ouvert dans la prise en charge que l’IPES de Brécourt à la même époque.
Cependant, malgré les quelques améliorations de l’espace de vie, la directrice, Melle Pavone, considère le cadre comme trop marqué par le carcéral, cette atmosphère semble aussi de plus en plus inadaptée pour la Direction de l’Éducation Surveillée. Une nouvelle structure est recherchée, ce sera une maison familiale à Corenc dans l’Isère. L’ISES de Lesparre ferme en 1960, Corenc ouvre en tant que foyer en 1962.

Texte : Véronique Blanchard et Jacques Bourquin