GIBELIN André (1923-1998)

Né à Paris, André Gibelin a 20 ans pendant la guerre lorsqu’il effectue le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne et y contracte le typhus. En 1949, il intègre la formation d’éducateur spécialisé en deux ans à Montesson dans la promotion « Emmanuel Mounier », avec Jacques Mazé et d’Yvette Pottier qui eux aussi se tourneront vers la prévention. En 1952 et 1953, il travaille comme éducateur à l’Institut Théophile-Roussel de Montesson où il rencontre sa future femme Angélique. En 1954, il part pour le foyer de semi-liberté à Bois-Guillaume près de Rouen où il rejoint André Drecq. C’est là qu’il fait la rencontre marquante de Bernard Emo, un jeune ouvrier jociste qui gère bénévolement à Rouen un club de prévention dans une « baraque » et y donne des cours de boxe. C’est en suivant Bernard Emo dans son quartier et en intégrant la tribu « Emo » qu’il se forme à la prévention « sur le tas ».
En 1957, André Gibelin suit André Drecq au foyer de semi-liberté « Les Peupliers » que la Société de sauvetage de l’enfance vient d’ouvrir. Dans un bal de quartier, André Gibelin rencontre Tonio, un chef de bande. Ce dernier ramène ses amis au foyer, tous âgés de plus de quinze ans. Un jour, tous se font arrêter. Les familles se tournent vers André Gibelin pour servir de relais entre la prison et les proches. Le foyer devient un lieu de rendez-vous du quartier et se transforme de plus en plus en club de prévention. André Drecq et André Gibelin rendent compte de cette expérience auprès de l’association gestionnaire et au-delà, auprès de personnalités locales comme le Dr Claude Kohler, ce qui leur procurent des subsides pour développer la prévention adossée au foyer et organiser des activités : sorties de ski, bal le dimanche, réalisation du disque Les Peupliers chez Pathé-Marconi en 1959...
En 1960, le Dr Kohler crée le Comité d’action pour la jeunesse en danger où André Gibelin entre enfin officiellement comme éducateur de prévention. Au niveau national, il devient responsable de la section d’éducateurs de prévention de l’ANEJI (Association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés). Il accueille aussi un temps des stagiaires d’une formation d’éducateurs de prévention qu’expérimente Pierre Alloing, le directeur de l’Institut de formation d’éducateurs spécialisés de Marseille. En 1965, il quitte Villeurbanne pour travailler à la Sauvegarde de Seine-et-Oise à Versailles.
Texte : Sylvain Cid