Professions

Les professions qui convergent autour du jeune en Justice, certaines font évidence : les gardiens ou surveillants de prison de par leur ancienneté ; les assistantes sociales premières enquêtrices du social ; les éducateurs spécialisés, maîtres d’œuvre de la rééducation ; les juges des enfants qui deviennent la figure de la justice des enfants d’après-guerre ; les médecins psychiatres, qui s’imposent en experts dès la fin du XIXe ; les gendarmes et policiers, qui se spécialisent plus tardivement en brigade des mineurs. D’autres intervenants sont encore en revanche largement méconnus ou restent dans l’ombre : les délégués à la liberté surveillée, qui tardent à imposer cette notion importée des États-Unis ; les avocats pour mineurs, qui ont parfois l’impression de faire de la figuration ; les instituteurs, qui semblent marginalisés ; les éducatrices, qui ont bien du mal à s’imposer en dehors du monde clos des institutions pour filles ; les psychologues, qui se refusent à être un simple exécutant, « passeur de tests » ; les aumôniers, qui souvent bénéficient de la bienveillance des autorités, même dans les institutions publiques ; les chefs d’ateliers labellisés tardivement « éducateurs techniques » ; et tous ceux que l’on appelait à tord le petit personnel (hommes et femmes d’entretien, cuisiniers, cuisinières, veilleurs de nuits…), alors que leur investissement dépassait souvent la tâche technique qui leur était confiée.

Texte : Véronique Blanchard, Mathias Gardet.