COURTOIS René (1907-1992)

Né « en prison » parce que fils de fonctionnaire pénitentiaire, René Courtois est d’abord instituteur à la Maison d’Éducation surveillée de Saint-Hilaire (1929-1931), une institution pénitentiaire pour mineurs. Il s’y distingue par ses qualités de pédagogue et son non-conformisme qui lui attire la critique de son administration. Ainsi, il refuse la présence des surveillants pendant la classe, il prolonge celle-ci par des parties de football avec les pupilles. Cette attitude motive sa prochaine nomination à la prison de Fontevraud, chez les adultes, où il fait la connaissance de Vincent Hourcq, futur directeur de Saint-Maurice. Début 1938, il est nommé commis greffier à la Maison centrale de Poissy. À ce point de sa carrière, René Courtois s’oriente désormais vers les fonctions administratives qui précèdent les postes de direction.

Pourtant, la même année, il est choisi pour mettre en oeuvre la tentative de réforme décidée par le garde des sceaux Paul Reynaud à la Maison d’Éducation surveillée (MES) de Saint-Maurice à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher). Vincent Hourcq en est le directeur, René Courtois en devient le sous-directeur chargé de la partie pédagogique. La réforme va se mener de manière étroite avec la Direction de l’Enseignement technique, partant du principe qu’il faut trouver pour les jeunes des MES des méthodes pédagogiques les plus proches possibles des méthodes normales. Un courant pédagogique se développe sous l’impulsion de René Courtois et de l’enseignement technique à partir d’un projet fondé sur la formation professionnelle et sur l’apparition progressive d’une pédagogie centrée sur le groupe de jeunes.

Fait prisonnier en juin 1940 puis libéré, René Courtois revient à Saint-Maurice en août 1941. En avril 1944, il prend la direction de Saint-Maurice qu’il gardera jusqu’en 1957. Il instaure alors une « république » de Saint-Maurice, élaborée autour de la répartition des tickets de rationnement, de la distribution des colis, de l’organisation des loisirs. On y apprend la citoyenneté, on y crée le journal « ESPERE » qui sera encore publié à la fin des années 1960. Saint-Maurice devient le modèle de référence des Institutions publiques de l’Education surveillée (IPES), mais aussi de certains établissements de rééducation privés.

En 1957, René Courtois est promu, sans l’avoir souhaité, directeur régional des services parisiens de l’Éducation Surveillée. À ce poste, il prend en main l’équipement de la région parisienne en structures d’Éducation surveillée : foyers, consultations, services d’action éducative en milieu ouvert (AEMO). Ce faisant, il dirige personnellement le Centre d’observation de Bures-sur-Yvette. En 1972, à la veille de sa retraite, René Courtois est fait officier de la Légion d’honneur (il a été fait chevalier dans les années 1950). Il prendra encore la direction du Foyer de Treigneux dans la Drôme, géré par l’Association des anciens élèves de Saint-Maurice.

Texte : d’après une notice biographique de Jacques Bourquin écrite en 1991.