CASABIANCA (Pierre de) (1859-1944)

Né en 1859 à Bastia, Pierre de Casabianca est issu d’une famille de magistrats de cette même ville. Son père y a été juge au Tribunal de première instance et son grand-père maternel président du Tribunal de commerce en même temps que banquier. En 1879, il obtient à son tour sa licence en droit et devient avocat à la cour d’appel de Bastia. Son doctorat en poche en 1883, il est nommé procureur de la République à Calvi en 1892 et poursuit sa carrière comme substitut, d’abord à Marseille en 1893, près de la cour d’appel d’Aix en 1896, puis près le tribunal de la Seine en 1902. Il est parallèlement élu, comme républicain, conseiller général de la Corse pour le canton de Pero-Casevecchie entre 1890 et 1901.
A Paris, il est chargé du contrôle de tous les dossiers d’information au Parquet de la Seine et s’intéresse particulièrement aux affaires de mineurs. C’est ainsi qu’il publie en 1909 des "procédures d’information relatives aux mineurs délinquants", en y distinguant nettement le travail d’enquête, qui vise surtout le milieu familial, de celui d’observation dite « morale et psychologique », qui s’attache au comportement du mineur. Il contribue par là au mouvement de spécialisation de la procédure des mineurs au Tribunal de la Seine au moment où se prépare la loi de 1912 sur les tribunaux pour enfants et sur la liberté surveillée. En 1911 et 1917, il est nommé substitut puis avocat général à la cour d’appel de Paris. Il devient en 1925 jusqu’à sa retraite en 1934 conseiller à la cour de cassation. Il s’implique alors davantage dans la promotion des oeuvres privées. En 1926, il préside la Société de patronage des libérés, alors en grande difficulté financière, jusqu’à sa cessation d’activité en 1940. Il devient aussi vice-président en 1925, puis président en 1932 de l’Union des sociétés de patronage de France et publie à ce titre en 1934 un Nouveau guide pour la protection de l’enfance traduite en justice. Dans les années 1930, il collabore au Comité des enfants traduits en justice de Paris. Par ses publications, il s’impose comme un spécialiste de la justice des mineurs en France et en Italie.
En 1933, il est fait commandeur de la légion d’honneur, après en avoir reçu les honneurs de chevalier en 1918 puis d’officier en 1922.

Texte : Sylvain Cid