Délinquance en bande

Le regroupement dit « spontané » de jeunes – en opposition aux mouvements organisés de jeunesse – a depuis toujours fait peur. Le phénomène des bandes de jeunes, dont on cristallise à tort l’apparition dans les années cinquante, a fait couler de l’encre depuis plus d’un siècle, tant dans la presse grand public, que dans des ouvrages d’experts qui tentent, avec plus ou moins de bonheur, d’en décrypter le mécanisme tout en pointant leur dangerosité. La sociabilité juvénile de groupe étant la plupart du temps perçue comme déviante, voire délinquante. C’est le cas des bandes d’enfants et d’adolescents de la « zone » ou des fortifs de Paris au début du XXe siècle, dont un des surnoms les plus connus est celui d’"Apaches". Dénoncés pour leur manque d’entrain au travail et leur violence gratuite et précoce. Puis, cinquante ans plus tard, le phénomène « blousons noirs » (1959-1962) défraye la chronique, et ancre une mythologie de la bande de jeunes avec son chef, ses lieutenants, ses armes (la chaîne de vélo) et son costume. Cela conforte l’idée qu’il faut pénétrer et si possible désamorcer les bandes de jeunes, en les détournant des lieux d’errance et de perditions que sont la rue, les squares, les cafés et les salles obscures du cinéma pour les remettre sur le droit chemin d’activités saines, sportives et si possible sur la voie d’un apprentissage professionnel. Depuis lors, les essais et travaux scientifiques tant sociologiques, anthropologiques qu’historiques sont pléthore sans toujours réussir à renouveler une approche, autre que stigmatisante.

Texte : Véronique Blanchard, Mathias Gardet.