Refuge de Notre Dame de Charité de Caen (1641-1976)

La congrégation Notre Dame de Charité a été fondée justement à Caen en 1641 par Jean Eudes. Prêtre itinérant en Normandie, il se laisse bouleverser au cours de ses missions, par la détresse de nombreuses femmes en difficulté morale qui sont réprouvées, voire rejetées par la société. Dans un premier temps il place ces personnes chez des femmes pieuses de la ville ; puis le nombre de personnes accueillies grandissant, il loue une maison … le 1er « refuge » est né.
A partit de l’Empire puis du Second Empire, les fondations se multiplient en France puis à l’étranger. Les sœurs accueillent des femmes ainsi que des jeunes placées dans le cadre d’une décision judiciaire (classes du Refuge), mais aussi des fillettes placées à cause de problèmes familiaux : (classe de préservation). Les ressources nécessaires à la vie des établissements proviennent en majorité du travail des sœurs et des jeunes : blanchissage et repassage pour des hôtels, des établissements scolaires et des hôpitaux, couture, broderie, bonneterie, et confection de matelas.
Les monastères vivent en quasi autarcie avec la boulangerie, la lingerie, la cordonnerie, le potager et les animaux de la ferme.

A Caen, donc, après plusieurs déménagements, les sœurs et leurs pensionnaires s’établissent, en 1657, quai Vendeuvre où elles resteront jusqu’au 7 juin 1944. Victimes des bombardements, elles se replient à Trouville sur Mer, au château d’Aguesseau, de 1944 à1949. Avec les dommages de guerre, elles reconstruisent leur monastère au 323 rue de Falaise à Caen et s’y installent en Juillet 1949. A ce moment là, 450 personnes environ, religieuses et jeunes, se partagent les lieux.

Après l’ordonnance de 1945, « La Charité », devenue par la suite l’Institution Jean Eudes s’est doté progressivement d’un Centre d’observation et d’un internat (rééducation) avec 5 sections. Elle créé un Foyer de semi-liberté « les cytises » (1967-1975) ; ainsi qu’un S.E.M.O - Service d’Education en Milieu Ouvert en 1970 avec un directeur laïc dans chaque centre.
Le directeur de l’institution Jean Eudes oriente la politique de rééducation vers une prise en charge en petites unités. Pour ce faire, la communauté fait l’acquisition de 5 maisons en ville et y installe les jeunes.
Le 1er janvier 1976, la communauté passe la gestion et l’animation de ses services éducatifs à l’Association de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence du Calvados (ACSEA) afin d’assurer l’avenir et la continuité de l’œuvre. 9 sœurs y sont salariées jusque dans les années 1995.
Une partie des anciens bâtiments est mise en location puis vendue progressivement au CHU qui en a fait une maison de retraite.

Texte : Delphine Le Crom (Archiviste de l’Union Notre Dame de Charité )