Violences des jeunes

Le terme violence vient du mot latin vis : « force, usage de la supériorité physique sur autrui ». Elle est approuvée ou dénoncée, licite ou illicite, en fonction des normes sociales (pas toujours clairement définies), et varient selon les époques. Actuellement il est fait un usage générique du mot, bien au-delà de la définition proposée dans le code pénal qui se résume à « l’attaque contre l’individu, l’infraction à autrui ». Ainsi l’atteinte aux biens n’est pas une violence, mais un vol. Il est intéressant de remarquer que dans les dictionnaires, le terme violence se décline au masculin comme une « qualité virile », comme si elle ne concernait jamais les filles. Du Moyen-âge au XIXe siècle les dérives de la jeunesse ne sont à priori pas condamnées, pour autant qu’elles défendent les coutumes et les identités communautaires. Cette violence est même mise en scène, par exemple dans les charivaris, carnavals et bagarres de village (qui finissent régulièrement par des morts sans que cela choque grand monde). La virilité masculine, passe par une violence, qui est souvent collective, voyante, ritualisée ; dans l’espace publique, aux yeux de tous. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle qu’elle est de moins en moins tolérée. Elle apparaît alors comme un stigmate, un attribut de la jeunesse, qu’il s’agit de dénoncer pour mieux le faire disparaître. Il faut d’ailleurs noter que les premières victimes des groupes d’adolescents sont d’autres jeunes, et non les adultes. De la Guerre des boutons aux Sauvageons, en passant par les Blousons noirs, il semble aux historiens que la violence juvénile est en régression, même si paradoxalement le sentiment d’insécurité lui augmente. Car comme l’explique Alexis de Tocqueville : « plus un phénomène désagréable diminue plus ce qu’il en reste devient insupportable ».

Texte : Véronique Blanchard.