Saint-Antoine (colonie horticole)

La colonie horticole de Saint Antoine est la première colonie correctionnelle, créée en Corse, en 1855 dans la vallée insalubre de Saint Antoine, près d’Ajaccio.
Pendant les quatre premières années elle est rattachée au pénitencier agricole pour adultes de Coti Chiavari et qualifiée de « quartier des jeunes détenus » de cet établissement, avant de prendre son autonomie en 1859 sous le nom de colonie horticole de Saint Antoine.
Cette colonie répond aux exigences de l’article 10 de la loi du 5 aout 1850, article qui prévoit que les insubordonnés des colonies pénitentiaires et les enfants de moins de 16 ans condamnés à des peines de plus de deux ans doivent être dirigés vers une colonie plus répressive, gérée par l’Etat et nommée : colonie correctionnelle.
Si la discipline exercée dans les colonies agricoles ordinaires est de façon générale très sévère, celle des colonies correctionnelles est encore plus affirmée. C’est ainsi que l’on trouve dans de nombreux rapports, des écrits indiquant qu’à Saint Antoine des enfants sont enchaînés et « ferrés ».
Pendant les onze années d’existence de cet établissement (1855-1866), 1136 enfants y seront détenus et 160 y mourront, soit environ 14% de l’effectif, victimes de la malaria et des mauvaises conditions de vie.
Les problèmes de salubrité non résolus sont, en partie, la cause de la suppression de la colonie. A sa fermeture en 1866 elle est remplacée par le pénitencier agricole pour adultes de Castelluccio, et il fallut attendre près de trente ans (le 2 juin 1895), pour voir la création d’une deuxième colonie correctionnelle située à Eysses dans le département du Lot et Garonne.
Texte : René Santoni
Voir Santoni René, La colonie horticole de Saint Antoine : le bagne pour enfants d’Ajaccio sous le second Empire, Auto-édition, 2008, 195p.