Darnétal

L’atelier Refuge de Darnétal est une colonie pénitentiaire fondée en 1848 par l’abbé Podevin et Soeur Marie Ernestine, responsable du quartier des filles de la prison de Rouen.
En 1849 un Conseil de Surveillance composé de quatre dames nommées par le Préfet se forme pour constituer l’oeuvre. L’institution est confiée à la Congrégation du Sacré Cœur de Jésus de Saint-Aubin-Lès-Elbeuf. En 1852 un bâtiment est acquis sur la route de Darnétal et le ministre de l’intérieur y confie les premières jeunes filles détenues. C’est Soeur Marie Ernestine gouverne l’établissement qui va recevoir jusqu’à 400 pupilles. L’abbé Potevin est aumônier de l’institution.
L’établissement comporte un vaste logis, une chapelle, des salles, des écoles, une infirmerie, une ferme de 136 hectares, à partir de 1873, entièrement cultivée par les jeunes filles. Il n’y a pas de verrous, les filles accueillies cousent, repassent, font la lessive, le pain, le cidre. Elles participent à tous les travaux de l’agriculture, elles bêchent, sèment, moissonnent, conduisent la charrue, élèvent le bétail, etc.
La grande majorité des pupilles qui sortent de prison appartiennent au milieu rural. Deux heures sont consacrées chaque jour à l’étude. On y apprend à lire, à écrire, à compter. Elles travaillent en chantant des cantiques "ou des chansons étranges qui sont quelques fois une triste refrain de délits et de punitions" et "presque toutes furent demandées en mariage par des cultivateurs aisés" (Rapport Administration pénitentiaire de Mai 1901).
A Darnétal, il y a une séparation absolue des enfants innocentées avec les condamnées peu âgées. Elles ne se voient ensemble qu’à l’église.
Après leur libération, elles ont le droit de revenir au Refuge qui "reste comme une maison maternelle si elles sont malades ou mécontentes de leur place".
En 1901, l’établissement avait reçu environ 3720 pupilles.
L’atelier Refuge fermera ses portes en 1912 après la dissolution de la congrégation religieuse.
Texte  : Jacques Bourquin