VILES Hector (?-2005)

Fuyant avec ses parents en 1939 l’Espagne franquiste, Hector Vilès connut les camps ouverts en France pour les Républicains espagnols. En 1960, il entre à l’Education surveillée et fait partie de la promotion de Vaucresson 1960-1962. Educateur au centre d’observation de Savigny, il devient délégué permanent à la liberté surveillée au tribunal de Paris. Syndicaliste, il sera secrétaire général adjoint du SNPES où il s’intéressera plus particulièrement aux problèmes de formation des éducateurs. Formateur à l’Ecole d’Etat d’éducateurs de Savigny-sur-Orge en 1968, il dirigera ensuite, dès 1972, le foyer de la rue de la Fontaine au Roi à Paris.
Nommé au Centre de recherche et de formation de Vaucresson, il sera, auprès des éducateurs, une des figures de référence de l’évolution de l’Education surveillée dans les années 1970. En 1981, Madame Myriam Ezratty, directrice de l’Education surveillée, fait appel à lui en tant que conseiller technique. Il accompagne alors pendant plusieurs années les porteurs de projet et pilote une multiplicité d’expériences innovantes qui préfigureront souvent les évolutions ultérieures vers un secteur intermédiaire associant l’économique et le social. Hector Vilès sera notamment à l’origine des opérations de l’été concernant les jeunes en difficulté suite à certaines émeutes en banlieues, dont celle de Vaulx-en-Velin.
Quand en 1986, ces orientations seront brutalement remises en cause et d’importants moyens budgétaires et en personnel retirés à l’Education surveillée, Hector Vilès entre en résistance. Il est un des principaux animateurs du « Mouvement Riposte » où éducateurs, magistrats et avocats se retrouvent pour dénoncer cette situation et défendre les jeunes menacés du recours plus fréquent à l’emprisonnement. Après avoir obtenu du Parlement l’impossibilité pour les jeunes de moins de 16 ans d’être incarcérés préventivement pour les petits délits, il quitte l’Education surveillée à la fin des années 1980 pour s’investir dans des actions d’accompagnement des malades dans le secteur hospitalier avec l’Association « Créteil-Solidarité-Santé ». Hector Vilès est décédé en novembre 2005.

Texte : Jean-Jacques Yvorel