FEDOU Gaston (1918-1998)

Né à Carcassonne en 1918, Gaston Fedou s’oriente vers la carrière juridique déjà embrassée par son père avocat et son grand-père greffier. Fait prisonnier en Allemagne puis libéré en 1940, il effectue ses études à Lyon avant d’y être nommé juge suppléant en décembre 1943. En février 1944, il est envoyé dans le Jura à Lons-le-Saunier, puis à Arbois comme juge de plein exercice en mai 1945. Un an plus tard, c’est dans cette même ville qu’il devient juge des enfants et forme une petite équipe avec un médecin pour l’assister. C’est à ce titre qu’il participe à la deuxième session de formation de juges des enfants organisée en novembre 1948. En décembre 1952, il est nommé juge des enfants à Lille. Il s’y confronte alors, d’après son témoignage, à des services sociaux habitués à dicter leurs décisions et à des associations autonomes et puissantes. Il s’appuie sur une équipe de délégués à la liberté surveillée, laquelle s’organise peu à peu et diffuse un bulletin de liaison à partir de 1953.
En juillet 1958, il est nommé juge des enfants au Tribunal de la Seine, puis vice-président « chargé des fonctions de président du tribunal pour enfants » en 1964. Cette nomination lui ouvre la présidence entre 1964 et 1968 de l’Association française des magistrats de la jeunesse (AFMJ) d’où il défend la fonction de juge des enfants vis-à-vis de l’administration centrale de la Justice, en particulier de Jean Foyer, son ministre de 1962 à 1967. En 1969, il devient président de la chambre de la famille qui vient d’être instituée à Paris à la suite de celles de Bordeaux et Lille pour lutter contre les « divorces-minutes ». De 1970 à 1974, il prend également la présidence de l’Association internationale des magistrats de la jeunesse (AIMJ).
En décembre 1975, Gaston Fedou est nommé président de chambre à la Cour d’appel où il traite des divorces et gardes d’enfants. Il s’engage vers la même époque dans l’équipe Marc Dasté, un mouvement de magistrats chrétiens qui se réunit chaque année lors d’un camp de Pentecôte d’origine et d’inspiration scoutes. En septembre 1978, il devient conseiller à la Cour de Cassation. Il prend sa retraite en novembre 1985, quelques mois après avoir reçu l’insigne d’officier de la légion d’honneur.
Texte : Sylvain Cid