GIRAUD Marie-Louise (Soeur) (1913-2011)

Marie-Louise Giraud a choisi jeune la voie religieuse et a consacré toute sa vie au service auprès des filles et femmes dites « perdues ». Angevine d’origine, en 1934, elle entre à 21 ans comme novice à la congrégation Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur d’Angers où elle devient « de profession : religieuse » en 1936. Elle exerce d’abord comme directrice d’une école primaire pour filles à Saint-Hilaire - Saint-Florent, commune proche de Saumur. Cette école privée avait reçu une autorisation spéciale du ministre de l’Instruction publique, Jean Zay, afin d’y inscrire des petites filles qui, placées au Bon Pasteur du fait de leur situation familiale défavorisée, étaient dès lors refusées dans les écoles laïques. A partir de 1940, elle exerce, au Bon Pasteur d’Angers même, des fonctions éducatives pour les jeunes filles, délinquantes et caractérielles, qui y sont placées, généralement jusqu’à 21 ans, âge de leur majorité.
Elle mène de front des études de philosophie - licence obtenue en 1946 – et sa formation d’éducatrice à l’EFPP. Elle fait partie de la première session de formation, où une dizaine de religieuses côtoient des laïques se destinant au métier d’éducatrices.
Devenue responsable éducative en 1950, elle crée au Bon Pasteur d’Angers, un C.O pour 3 groupes de filles. En 1955, elle est chargée de la formation spirituelle des jeunes religieuses. A partir de 1958, elle quitte Angers pour Charenton, où pendant six ans elle est Mère Supérieure du Bon Pasteur, portant dès lors le nom de Mère Marie Saint-Jean de la Croix, qu’elle gardera tant qu’elle exercera les fonctions de Mère Supérieure. Sous sa direction à Charenton, deux services nouveaux y sont créés : un petit C.O et un service en Milieu Ouvert. De 1964 à 1968, elle est nommée Mère Supérieure du Bon Pasteur de Bourges, où elle ouvre également un C.O. ainsi qu’une section d’accueil temporaire. Elle s’emploie d’abord à moderniser l’établissement, qui avait fait l’objet d’un rapport d’inspection assez défavorable en 1963. Elle doit ensuite préparer la passation de l’institution à la nouvelle équipe laïque de l’Education surveillée, après l’achat des locaux par le ministère de la Justice, décidé en 1967. Elle fut une partenaire ouverte et très utile aussi à la nouvelle équipe dirigée par Mademoiselle Prévaud. Elle s’investit par ailleurs dans l’élaboration de la convention collective de 1966. Quittant Bourges, elle est nommée Mère Supérieure à Reims de 1969 à 1973, et œuvre là encore à la passation du Bon Pasteur à une association chargée de rééducation. Témoignant en 1993, aux journées d’étude de Bourges elle a pu dire avec humour qu’elle se sentait alors comme « la fossoyeuse des communautés qu’elle dirigeait », dans la mesure où elle était chargée de les fermer les unes après les autres.
Elle s’engage ensuite dans l’aide aux femmes se prostituant, habite à Pigalle dans une communauté implantée « en plein quartier prostitutionnel ». Lors de ses années à Paris, elle travaille bénévolement à la revue REPSA. Dirigeant le Bon Pasteur d’Orléans ensuite, elle engage cette communauté à la création d’une section du Nid ; elle s’investit enfin dans une association d’aide aux personnes sans domicile et aux clochards. A partir de 1992, elle habite Dour en Belgique, où elle vit dans une petite communauté de sœurs de différentes nationalités, avant de revenir à Angers, à la maison de retraite de la maison mère du Bon Pasteur, où elle finit ses jours jusqu’à son décès en janvier 2011, à l’âge de 97 ans.
Texte  : Claire Dumas