Dès l’origine, pour remplir ses objectifs, le Patronage de l’enfance et de l’adolescence se ramifie dans la province rurale en comités départementaux au rang desquels ceux de la Vienne et de la Somme figurent rapidement parmi les plus actifs en termes de placement. En octobre 1892, le numéro 23 de la revue L’Enfant évoque déjà "Lhommaizé, ce petit village de la Vienne où une excellente propriétaire a organisé un groupe qui donne des résultats merveilleux. Mme Darbez reçoit les enfants qui lui sont envoyés par des oeuvres ou des personnes charitables, et qui paraissent aptes à devenir plus tard des cultivateurs. Elle les garde quelque temps chez elle, leur enseigne le maniement des outils, leur donne des habitudes d’ordre, de travail et d’obéissance, puis les place dans des villages voisins". En 1894, avant de mourir, Marie Darbez lègue à Henri Rollet cette propriété dite de « la Bussière », à charge pour lui de faire continuer « l’asile d’enfants moralement abandonnés ». Ce dernier la revend en 1913 tout en conservant la jouissance des locaux d’habitation pour respecter les conditions du legs. La légende de la photographie permet d’identifier auprès de quelques « protégés » Henri Rollet lui-même (2e à partir de la droite), accompagné à sa droite de sa deuxième femme Fanny Tupin (dite « Nina », épousée en 1919) puis, au centre, de ses beau-frère et belle-soeur Michel et Camille (dite « Cam ») de Toro. Jusqu’à la mort d’Henri Rollet, les deux couples passent fréquemment leurs vacances ensemble en Bretagne ou ici dans la Vienne.

Texte : Sylvain Cid

Source : fonds Paul Bertrand (CNAHES)