La grande culture constitue l’activité emblématique des colonies agricoles pénitentiaires qui se sont organisées selon la doctrine de la régénération mutuelle entre jeunes colons et terres incultes. Au coeur de la Sologne, le défrichage du domaine de La Motte-Beuvron a permis de dégager une superficie de 128 hectares de champs cultivables au sud du château, sur un domaine de 426 hectares qui compte aussi 197 hectares de bois pour la sylviculture, 40 hectares de prairies naturelles, 18 hectares de pâturages et 18 hectares de jachères. En mars 1936, un inspecteur général de l’Enseignement technique juge avec sévérité à la fois la faiblesse des apprentissages proposés par la colonie et son « ’écras[ement] par le souci de gérer l’exploitation d’un domaine trop vaste ». Ses préconisations, au nombre desquelles la renonciation « à l’exploitation de la ferme et du domaine », vont inspirer les réformes de 1936-1937 puis de juin 1938. A la Libération, la grande culture se maintient pourtant encore quelque temps au sein de l’Ecole professionnelle qui s’équipe de tracteurs et de moteurs Bernard. On y cultive le blé, battu à la ferme avec l’aide d’une batteuse, la pomme de terre pour la consommation de l’établissement, mais aussi le colza et le fourrage nécessaire au bétail pendant l’hiver. A côté d’une formation industrielle renforcée, la formation agricole se concentre sur l’élevage, la sylviculture, la viticulture, la laiterie et l’horticulture. Elle est réservée "aux jeunes gens que leur atavisme terrien, leurs attaches paysannes pousseront dans cette voie, ou chez lesquels le goût du travail rural se sera développé" (V. Hourcq, 1950).

Texte : Sylvain Cid

Source : Carte postale

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