Entre gardiens et colons, la fouille au corps fait figure de rituel propre à entretenir la soumission et l’humiliation de ces derniers, portant la méfiance réciproque à son comble. Les gardiens, appelés successivement « surveillants » après 1888, puis « moniteurs » après 1927 (sans que ces nouvelles dénominations n’accompagnent quelque changement que ce soit), sont en majorité, puis exclusivement d’anciens militaires recrutés localement, munis d’une qualification professionnelle mais souvent sans instruction. Leur sévérité, leur brutalité, leur grossièreté sont monnaie courante et généralement connues de leur hiérarchie qui n’intervient que peu, par souci d’autorité ou bien par manque de moyens. Les agissements vexatoires des gardiens constituent l’un des deux motifs, avec la mauvaise qualité de la nourriture, des mutineries de colons qui éclatent par exemple en 1912.

Texte : Sylvain Cid

Source : Carte postale

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