La « promenade » est une activité exclusive du dimanche, jour de repos lors duquel les jeunes colons doivent aussi assister à la messe et aux vêpres. Cette sortie peut être simple ou militaire, comme ici, tambours et clairons en tête dans la Grande Rue de Lamotte-Beuvron. Elle est mal perçue par la population, surtout lorsqu’elle n’adopte pas le style militaire et apparaît trop comme une marche de « lycéens ordinaires ». Des récits circulent, peut-être réels, peut-être imaginaires ou bien enflés par la rumeur publique, sur des vols ou des agressions perpétrés par les colons à l’encontre des habitants à l’occasion de ces promenades. Les jeunes délinquants ne semblent pouvoir se racheter que lorsqu’ils courent lutter contre le feu avec la pompe à incendie de la colonie dans les localités avoisinantes. Rassurante pour la population, la discipline militaire l’est aussi pour la direction de la colonie qui y voit le moyen d’inculquer obéissance et sens de la hiérarchie contre les attitudes rebelles et les « habitudes de la solidarité malsaine ». Parfaitement intégrée à l’univers de la colonie, elle se prolonge souvent par l’engagement « volontaire » de colons qui, l’âge venu, peuvent ainsi bénéficier d’une libération anticipée.

Texte : Sylvain Cid

Source : carte postale

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