En plaçant la formation professionnelle au coeur de la réforme de Saint-Maurice, Vincent Hourcq et René Courtois enregistrent dès 1939 des résultats au CAP encourageants. Il faudra ensuite attendre la Libération pour que celle-ci soit reprise et développée. En parfait accord avec la philosophie de la toute nouvelle Direction de l’Education surveillée, cet apprentissage devient la base de toute rééducation, justifiant la citation de Jean Jaurès que l’on peut lire sur le mur de la salle d’atelier : "Aie le respect de toi-même et de ton travail". Instructeurs techniques, éducateurs et personnels administratifs remplacent peu à peu les anciens personnels pénitentiaires, tandis que sont ouverts une dizaine d’ateliers industriels : ajustage, tournage, mécanique rurale, serrurerie, menuiserie, charronnage, maçonnerie, ciment armé, peinture, plâtrerie, dessin industriel. Ceux-ci sont complétés par des ateliers agricoles (élevage, sylviculture, viticulture, laiterie, horticulture) qui reçoivent les jeunes de niveau plus faible. Les plus instables sont quant à eux placés à l’élevage ou à la bergerie, ceux qui réussissent mal dans les ateliers peuvent être placés chez l’artisan. Un certificat d’aptitude aux métiers préparés par l’institution peut être décerné à ceux qui ne peuvent pas prétendre au CAP. En 1945, ils sont 46 reçus sur 50 élèves présentés au CAP. En 1955, ils seront encore 52 sur 80 à le réussir.

Texte : Sylvain Cid

Crédit : ENPJJ