Liens avec l’international

Dès le XIXe siècle, des juristes, médecins, philanthropes, puis plus tard des assistantes sociales et des éducateurs effectuent des voyages à l’étranger pour comparer les initiatives et expériences de terrain. Parfois, ils s’en inspirent, importent des modèles, des méthodes, des théories. Ainsi, la loi du 22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants et adolescents et sur la liberté surveillée copie le système des Juvenile Courts ou Children’s Courts nord-américains, ce qui explique en partie l’incompréhension qu’elle rencontre lors de son application en France. De même, les premiers services sociaux auprès des tribunaux utilisent, dès le début des années 1920 la méthode du Case work, pour établir le canevas de leurs enquêtes auprès des familles. À l’inverse, de nombreux étrangers viennent en France, seuls ou en groupe, pour y visiter les installations. Ces contacts, tissés souvent lors de grands congrès internationaux, donnent lieu à des échanges, à des amitiés et de temps à autre provoquent la naissance d’organisations se voulant de portée internationale : ce sera le cas entre autres de l’Association internationale des éducateurs de jeunes inadaptés en 1948. Ces liens structurés entre plusieurs pays par l’intermédiaire de personnes ou d’associations prennent alors tout leur sens. Il ne s’agit plus seulement d’entreprendre une démarche comparative, mais bien de saisir l’impact de ces échanges, la circulation des idées et d’analyser les difficultés d’importer ou d’exporter des modèles, les décalages et déphasages, les stratégies d’adaptation, les ambiguïtés et limites de l’internationalisme proclamé.

Source illustration : "Élèves des cours de musique « Harmonica » des clubs juvéniles de la police", photo du Service de la Police de la ville de Montréal tirée de la Revue moderne de la police, n°3, novembre-décembre 1953, p.41.
Texte : Véronique Blanchard, Mathias Gardet.

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