Education spécialisée en Algérie, au Maroc...

Le Maroc obtient son indépendance le 3 mars 1956 et l’Algérie à son tour à l’issue du référendum du 1er juillet 1962. Avant cette période, ces territoires intègrent l’organigramme de l’Administration française et donc de l’Administration pénitentiaire puis de l’Éducation surveillée qui y déploient, apparemment selon le même schéma, ses services et institutions. Suivant les vocables utilisés en métropole, y sont fondés tribunaux pour enfants, services sociaux, quartiers spéciaux dans les prisons, colonies pénitentiaires et puis plus tard centres de rééducation, Internats publics d’éducation surveillée (IPES), centres d’observation, foyers de semi-liberté…, selon le même montage à la confluence du public et du privé, avec une prédominance du secteur associatif. À y regarder de plus près, le statut spécifique de ces colonies entraîne des différences de taille. Il y a tout d’abord un décalage dans le temps pour l’application des textes régissant la juridiction des mineurs en métropole. C’est ainsi que la loi de 1912 sur les tribunaux pour enfants et adolescents et la liberté surveillée n’a été appliquée en Algérie qu’en 1935. De plus, bien que le législateur soit généralement enclin à gommer tout particularisme, il se retrouve aux prises avec une différenciation de fait instituée entre l’enfant européen et l’enfant indigène qui ne relèvent pas des mêmes codes. Dans d’autres pays, où il y a eu présence française, on retrouve de même de nombreux échos décalés de sa politique en matière d’enfance inadaptée : en Tunisie, en Indochine, en Afrique ont été fondés établissements, tribunaux pour mineurs aux appellations ressemblantes, mais dont les spécificités de fonctionnement restent à étudier.

Source illustration : IPES de Boulhaut au Maroc, 1956, fonds ENPJJ.
Texte : Véronique Blanchard, Mathias Gardet

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