CECCALDI Pierre (1910-1969)

Né en Corse en 1910, Pierre Ceccaldi entreprend des études de droit, intègre l’École libre de sciences politiques et après un concours au Ministère de la Justice est affecté à la direction de l’administration pénitentiaire en 1935 installée à Vichy mais disposant d’une délégation permanente à Paris. Au sein de ce service à Paris, des travaux importants sont menés quasi clandestinement pour poursuivre l’œuvre administrative et législative de 1936. Pierre Ceccaldi est ainsi chargé de rédiger la circulaire du 21 Mars 1942 sur la détention préventive des mineurs qui prévoit de limiter leur détention provisoire. Ce texte est à l’origine des centres d’accueil et d’observation officialisés dans le cadre de la loi du 27 Juillet 1942 sur les Tribunaux pour enfants. En 1943, lorsque l’Administration Pénitentiaire est rattachée au Ministère de l’Intérieur, l’Éducation Surveillée devient une sous-direction dont Pierre Ceccaldi prend la responsabilité.
À cette période il collabore à la commission présidée par Mme Hélène Campinchi en vue de la rédaction de l’ordonnance du 2 Février 1945 sur l’enfance délinquante. Lorsque le 2 Septembre 1945 l’Éducation Surveillée se détache de l’Administration Pénitentiaire pour devenir une direction autonome, Pierre Ceccaldi est nommé sous-directeur sous l’autorité de Jean-Louis Costa magistrat à la Cour des comptes. Pendant six ans ces deux hommes « formeront un véritable tandem » autour d’un plan quinquennal élaboré dès 1946. Au début des années 1950 les premières réalisations voient le jour, avec l’ouverture du Centre de Formation et d’Études de l’Éducation Surveillée (CFEES) à Vaucresson, la fermeture de l’ancienne école de préservation pour filles de Cadillac, l’ouverture de structures d’internat plus légères (ISES de Lesparre et des Sables d’Olonnes), les premières tentatives d’observation en milieu ouvert, les travaux sur la Liberté surveillée…
En Janvier 1957, Pierre Ceccaldi remplace Jacques Siméon à la tête de l’Éducation surveillée, jusqu’en 1964. Il est un des inspirateurs de l’ordonnance du 23 Décembre 1958 confiant au Juge des enfants l’assistance éducative. À partir de 1962, L’Éducation Surveillée est inscrite au IVe plan, et sous l’impulsion de son directeur l’ouverture des établissements se multiplie : foyers de semi-liberté, milieux ouverts… Le centre de formation de Vaucresson crée un secteur recherche en lien avec le CNRS et prend une dimension internationale. Pierre Ceccaldi et Henri Michard, directeur de Vaucresson, participent par exemple aux activités du conseil de l’Europe sur les problèmes de la délinquance juvénile. En 1964, Pierre Ceccaldi est nommé directeur de l’Administration générale et de l’équipement au ministère de la justice, il conservera toujours un œil sur l’Éducation Surveillée.

Texte  : Jacques Bourquin