LUTZ Paul (1912-2005)

Né à Colmar, Paul Lutz, marqué par son engagement dans le scoutisme, fait des études de droit, devient juge puis substitut à la Direction de l’Administration Pénitentiaire où très rapidement il a à s’occuper des mineurs en lien avec Pierre Ceccaldi.
Contrôleur général des services de l’Éducation Surveillée, Paul Lutz assure de nombreuses inspections d’établissements courant 1943-44 qu’il poursuit après la guerre en tant qu’inspecteur pour la toute nouvelle Direction de l’Éducation Surveillée, notamment dans les établissements de jeunes filles (Cadillac et Bon-Pasteur) et dirige la Revue de l’Éducation Surveillée (devenue Rééducation de 1947 à 1977).
Proche d’Henri Joubrel, de Georges Heuyer, de Jean Chazal, Paul Lutz est selon la formule de Pierre Ceccaldi est un des leader de la rééducation nouvelle et des principaux artisans de la réforme de 1945. Préoccupé, en particulier, par le problème de la rééducation des filles, il sera à l’origine de l’ouverture de l’IPES de Brécourt en 1947 et de la fermeture de l’ancienne École de préservation de Cadillac en 1951.
Conscient de la lourdeur des gros internats, hérités de l’Administration Pénitentiaire, Paul Lutz promeut pour les mineurs les plus difficiles des établissements plus légers avec des séjours plus courts qui peuvent déboucher sur des foyers ou des placements familiaux. Ce sera à partir de 1952-53 les ISES des Sables d’Olonnes pour les garçons et Lesparre pour les filles.
Paul Lutz, adjoint de Pierre Ceccaldi, devient sous-directeur de l’Éducation Surveillée en 1957 et participe activement à la formation des éducateurs au Centre de Vaucresson. Il est aussi un des promoteurs de l’ordonnance du 23 Décembre 1958 sur l’enfance en danger.
En 1962, nommé Conseiller à la Cour d’Appel de Paris, il siège à la Chambre du droit et du travail avant de devenir en 1971 le Président de la Chambre de la famille. Pendant cette dernière période il reste lié au secteur public et habilité de l’éducation spécialisée. Il publie de nombreux articles dans les revues spécialisées et un ouvrage « La rééducation des enfants et des adolescents inadaptés », qui est une première ébauche d’une histoire de la justice des enfants.
En 1975 il devient Conseiller à la Cour de Cassation, et prend sa retraite en 1981. Il reste jusqu’à son décès en 2005 très proche de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, certains le qualifiant souvent de « magistrat-éducateur ».

Texte : Jacques Bourquin