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FAVEZ-BOUTONIER Juliette (1903-1994)

Notice

Née à Grasse en 1903 de parents enseignants, Juliette Boutonier prend le nom de Favez-Boutonier en 1952, quand elle se marie avec Georges Favez, lui-même psycho-analyste.
La place qu’occupe Juliette Favez-Boutonier au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans le développement de la psychologie clinique est à la hauteur d’une formation intellectuelle remarquable : licence de sciences, agrégation de philosophie en 1926, doctorat de médecine en 1938. Chargée d’une conférence de psychologie à la Faculté des lettres de 1933 à 1937 de Dijon, elle rencontre Daniel Lagache et commence une analyse avec René Laforgue. Chargée de recherches au CNRS en 1942, elle travaille dans le service du professeur Heuyer à l’Hôpital des Enfants malades de 1942 à 1947 en qualité de psychothérapeute.
Après une thèse sur « l’Angoisse » et une autre sur « les Défaillances de la Volonté », elle est nommée à la direction, avec Georges Mauco, son fondateur, du Centre psychopédagogique (CPP) Claude Bernard, privilégiant de manière inédite une approche psychopédagogique et psychanalytique des troubles des enfants et des adolescents. Professeur de psychologie à Strasbourg puis à la Sorbonne en remplacement de D. Lagache, elle fonde, en juin 1953 avec D. Lagache, Françoise Dolto et J. Lacan la Société française de psychanalyse (SFP) en rupture avec la Société Psychanalytique de Paris.
Juliette Favez-Boutonier détient, avec Daniel Lagache, les clefs expérimentales et théoriques de la spécificité de la psychologie clinique en tant que mode de connaissance et de compréhension de l’individu en situation et dans son développement. Mais c’est à elle que l’on doit l’instauration de la psychologie clinique à l’Université et dans la recherche : création du Laboratoire de psychologie clinique de la Sorbonne en 1959, du Certificat de psychologie clinique en 1967 et de l’« UER des sciences humaines cliniques » en 1968.
A la croisée de divers champs allant de la criminologie à de la psychosociologie en passant par la pédagogie, sa conception de la psychologie clinique et son intérêt pour l’enfance et l’adolescence l’amènent à rencontrer, après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux professionnels de l’éducation, attirant leur attention sur les conditions de l’enfant dans sa famille, séparé ou placé en institutions. Elle insiste sur la qualité de l’intervention en institution visant à la réadaptation des enfants, et sur le rôle et l’attitude des personnes chargées de suivre l’évolution de la personnalité des enfants. La lutte contre les causes de l’inadaptation sociale et pour les facteurs de réadaptation, passe, selon elle, par l’intégration de la psychologie aux méthodes pédagogiques, et donc par son assimilation par les professionnels dans le cadre de leur formation.

Texte : Jean-Pierre Jurmand

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