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GENOUX Claude (1811-1874)

Notice

Né à Saint-Sigismond (Savoie) le 19 mars 1811, Claude Genoux a huit ans quand il part de son village en 1818 sous la conduite de meneurs adultes parmi lesquels on compte un de ses oncles. Le groupe de migrants est constitué de colporteurs et de ramoneurs. Claude Genoux est trop jeune pour ramoner et plus encore pour porter la balle (la hotte de colporteur), alors il chante et il mendie. Le soir, ramoneurs, colporteurs et mendiants se retrouvent pour manger. L’essentiel des gains de la journée disparaissent dans les poches des adultes.
A Chagny, il fausse compagnie à son oncle. Il rejoint alors un groupe de saltimbanques et participe à leurs spectacles. A Auxerre il est victime d’un accident. Il est soigné à l’hospice. Les sœurs « plus jalouse de mon salut que de mon bonheur » l’empêchent de rejoindre ses amis du théâtre ambulant. Après quatre mois de soins, il reprend sa route muni d’un petit viatique.
À Joigny il retrouve un groupe de colporteurs et de ramoneurs de son village. Parmi ces migrants, des petites Savoyardes déguisées en garçons (des nambos en patois de Tarentaise). Claude a alors 11 ans. Il peut désormais ramoner et il est formé au métier par le chef du groupe qui ne manque pas de s’attribuer la totalité de ses gains et même de faire main basse sur ses économies. Alors que la troupe s’apprête à rentrer en Savoie, Claude échappe une nouvelle fois à l’emprise du meneur et rejoint Paris où il exerce sa profession de ramoneur.
A la suite d’une altercation avec un ivrogne il est arrêté une première fois. Il s’évade du commissariat par une cheminée. Arrêté une seconde fois, alors que c’est lui qui est en état d’ébriété, il est conduit à l’hospice des enfants trouvés. Il y passe 14 mois (voir Document) durant lesquels il est bien traité et apprend à lire, mais, « les souvenirs de ma vie errante me rendait intolérable cette longue séquestration » écrit-il. A l’automne 1821, il s’enfuit et reprend sa vie de petit ramoneur dans les campagnes avant d’entreprendre un voyage à Rome d’où il s’engage dans la marine sarde. Le reste de son existence est très aventureuse. Il parcourt le monde et exerce de nombreuses professions, notamment celle de margeur d’imprimerie. Parallèlement il écrit de nombreuses chansons ouvrières qui seront réunies en volume. Militant républicain et socialiste, un temps secrétaire d’Eugène Sue, proche de Nicolas Parent, avocat et homme politique partisan du rattachement de la Savoie à la France, le coup d’État du 2 décembre le contraint à l’exil. Rentré en France en 1854, il se suicide le 8 septembre 1874.

Texte : Jean-Jacques Yvorel

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