JOVIGNOT Etienne (1924-2011)

Né à Grenoble en 1924, Etienne Jovignot, entreprend de longues études entre philosophie, théologie et lettres pour devenir enseignant de philosophie dans les années 1950 à Dijon. Parallèlement, il anime la jeune compagnie dijonnaise de théâtre amateur « Les Baladins » où il fait alors la connaissance de plusieurs éducateurs spécialisés comme Pierre Alloing, Pierre Lalire, qui lui font découvrir l’intérêt de leur profession, notamment à l’occasion de spectacles présentés dans leurs établissements éducatifs.
A la fin de l’année 1953, Etienne Jovignot est sollicité pour succéder à Pierre Alloing à la direction du Centre d’observation de Chenôve, géré par l’Association régionale de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence de Bourgogne (ARSEA). Il en fait le premier centre d’observation en milieu ouvert (OMO) de garçons mais aussi de filles créé en France dans le secteur privé (ouverture aux filles en 1955), crée une consultation d’orientation éducative (COE) au service des tribunaux pour enfants et des directions départementales des affaires sanitaires et sociales de la région en 1959 et accueille de nombreux stagiaires éducateurs en formation. Parallèlement, Etienne Jovignot est chargé de cours sur les inadaptations juvéniles à l’université de Dijon.
À la demande de l’ARSEA il est l’artisan de l’Institut de formation d’éducateurs spécialisés (IFES) puis dans le cadre de ses responsabilités en milieu associatif professionnel, il participe à la préparation ainsi qu’à la négociation avec les pouvoirs publics des textes créant les diplômes officiels et organisant la formation aux différentes fonctions éducatives : création du diplôme d’État en 1967, diplôme supérieur en travail social (DSTS) en 1974, certificat d’aptitude aux fonctions d’éducateur technique spécialisé (CAFETS) en 1976.
A la retraite à partir de 1984, il assure alors la présidence de l’association l’Arche à Dijon, au bénéfice d’adultes handicapés, notamment au plan mental. À la fois croyant et féru d’art, il est aussi sollicité par l’évêché de Dijon en 1984 pour participer aux travaux de la Commission diocésaine d’art sacré, dont il assurera le secrétariat général entre 1989 et 2000.
En 2008, il fait une dernière intervention publique lors des journées d’études du Cnahes, sur la « rééducation des filles » et s’éteint en 2011.

Texte : Séverine Dard