LORY Bernard (1921-1979)

Né dans 15e arrondissement de Paris et fils de vétérinaire, Bernard Lory passe le diplôme de l’Ecole libre de sciences politiques, puis des diplômes d’études supérieures de droit public et d’économie politique. En 1946, il entre à la Cour des comptes comme auditeur de 2e classe. Il en gravira les différents échelons tout au long de sa carrière jusqu’à celui de conseiller-maître un mois avant son décès. En 1950, il est aussi nommé chargé de mission au Secrétariat de la Cour des comptes. Remarqué dans le monde politique, il devient conseiller technique au cabinet du président du Conseil Edgar Faure en 1955, puis au cabinet du ministre de la Santé publique et de la Population Bernard Chenot en 1958, dans le dernier gouvernement de la IVe République présidé par De Gaulle.

L’avènement de la Ve République l’élève au poste de directeur général de la Population et de l’Action sociale. A cette place et aux suivantes, Bernard Lory se préoccupe de moderniser « l’action sociale » et lui donner la place qui lui revient. Au début des années 1960, il engage dans la voie de la reconversion les ARSEA (Associations régionales de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence) qui détenaient jusque-là le monopole de l’agrément et du financement des établissements privés de l’enfance inadaptée. Ces associations sont désormais remplacées par les CREAI (Centres régionaux pour l’enfance et l’adolescence inadaptées), de nouvelles associations placées sous le contrôle des nouvelles DDASS (Directions départementales de l’action sanitaire et sociale) à la tête d’un champ associatif plus large. Dans le domaine de la formation, Bernard Lory intervient aussi pour accroître le nombre des écoles d’éducateurs spécialisés et assurer à ces professionnels une meilleure qualification à travers le projet de DEES (diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé) qui qui sera créé en 1967. En 1965, il est cependant remercié par son ministre Raymond Marcellin et réintègre la Cour des comptes.

En octobre 1969, il effectue un retour dans le cadre de la préparation du VIe Plan (1971-1975) en prenant la présidence de la Commission d’action sociale, avec René Lenoir, le nouveau directeur de l’Action sociale, comme vice-président. Parallèlement, il prend la direction du Centre technique nationale pour l’enfance et l’adolescence inadaptées (CTNEAI) et entend donner ses lettres de noblesse à une action sociale globale placée sur un pied d’égalité avec la politique économique. Il encourage pour ce faire la création d’IRFTS (Instituts régionaux de formation de travailleurs sociaux). Mis en cause dans les dysfonctionnements qui affectent le CTNEAI, il perd la direction de cet organe technique et réintègre la Cour des comptes. Il décède le 3 août 1979 à Chamonix.

Texte : Sylvain Cid