Prado de la Guillotière

En décembre 1860, Antoine Chevrier, un prêtre de Saint-André de la Guillotière à Lyon, décide de créer une œuvre de première communion pour catéchiser les enfants pauvres de sa paroisse. Cette nouvelle « providence » (comme on appelle à Lyon et à Saint-Etienne depuis la fin du 17e siècle ces oeuvres vouées à l’accueil, à l’hébergement et à l’éducation chrétienne des enfants pauvres), est installée dans le bâtiment d’un ancien bal, « le Prado », qu’il loue au 55 rue Chabrol (aujourd’hui 75 rue Sébastien-Gryphe). Mais contrairement aux autres établissements du genre, le travail y est proscrit. Pendant cinq mois, les enfants y sont accueillis pour recevoir une éducation religieuse et nourris, logés et habillés grâce à des dons. Autorisée à fonctionner comme école libre dès le mois de mars 1861, l’œuvre accueillera environ 17 000 enfants jusqu’en 1943.
Entre 1943 et 1950, l’œuvre est totalement réorganisée en vue d’accueillir, à la demande des tribunaux et des services sociaux, des enfants délinquants ou en danger moral. Une association, l’Association de la Providence du Prado, est créée pour gérer à cette fin un ensemble d’établissements qui s’étend rapidement sur plusieurs départements. Le « Prado de la Guillotière », le lieu historique, devient un internat de rééducation pour enfants d’âge scolaire, entre 12 et 14 ans, avec une section de garçon et une section de filles. La formation religieuse y reste encore néanmoins essentielle. En 1947, la première section compte 112 garçons (41 confiés par les familles, 71 par les pouvoirs publics), dont un bon nombre, après leur scolarité, passeront au Prado d’Oullins, puis du Cantin après 1949.
En 1955, les 73 garçons de l’internat sont transférés à Saint-Romain-au-Mont-d’Or dans une grande propriété. L’établissement prendra le nom de Maison d’enfants Les Eaux vives, puis Les Alizés, avec le statut de maison d’enfants à caractère sociale (MECS). Il accueille en 2018 des jeunes de 6 à 18 ans.
Texte : Sylvain Cid