SELOSSE Jacques (1923-1995)

Né en 1923 au sein d’une famille ouvrière du nord, Jacques Selosse obtient son bac, suit une licence de philosophie puis s’engage dans la Résistance. A la Libération, il entre à la toute nouvelle direction de l’Education Surveillée pour être affecté au centre d’observation de Savigny sur Orge en tant qu’éducateur. A l’Institut de psychologie, il poursuit des études et participe en même temps à une formation à l’Ecole de Beaumont sur Oise pour l’enfance inadaptée où il obtient le Certificat d’aptitude à l’éducation des enfants et adolescents déficients ou inadaptés (CAEI).
Au centre d’observation, Jacques Selosse est éducateur de groupe mais on lui donne aussi la charge de la classe de perfectionnement. Il crée en même temps, dans la ville de Savigny, un centre culturel, un ciné-club et il passe un diplôme de filmologie. C’est alors qu’il adhère au mouvement d’Education Populaire, "Peuple et Culture", où il rencontre Henri Michard qui ouvre à Vaucresson le centre de formation et d’études de l’Éducation Surveillée.
Henri Michard fait appel à Jacques Selosse en tant que formateur en 1952, mais la même année, la direction de l’Education Surveillée lui propose de partir au Maroc pour créer un service de l’enfance délaissée. Jacques Selosse y reste jusqu’en 1958 en laissant à son actif plusieurs services et établissements pour la jeunesse. L’expérience durablement marquante se retrouve dans la thèse en psychologie qu’il soutient à la Sorbonne.
En 1958, il devient l’adjoint de Henri Michard à Vaucresson, en charge du nouveau secteur de recherche qu’il crée avec Andrée Algan, Yves Chirol, Michel Jacquey, Marie-Thérèse Mazerol, Vincent Peyre et Jacques Villier. Il participe à la création en 1963 de la revue « les Annales de Vaucresson », organe central de la recherche à l’Éducation Surveillée pendant 30 ans. Il dirige de nombreuses recherches à Vaucresson, en particulier sur l’internat de rééducation, la délinquance des jeunes en groupe…Très soucieux de l’articulation entre le social, le psychologique et le thérapeutique, il centre ses activités de recherche sur l’éducation, la prévention, la démarche psychopédagogique, avec une visée réparatrice progressive.
Maître de recherche au CNRS, Jacques Selosse succède à Henri Michard à la direction du centre de Vaucresson jusqu’en 1980, date à laquelle il est nommé professeur de psychologie sociale à l’université de Lille où il enseigne la psychologie du développement, puis à la Sorbonne jusqu’à sa retraite en 1988. Jacques Selosse meurt à Paris le 5 novembre 1995.

Texte : Jacques Bourquin