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SERIN Suzanne (1898-1978)

Notice

Née le 20 février 1898 à Mont-de-Marsan (Landes), Suzanne Serin, d’abord tentée par la philosophie, choisit finalement médecine et entreprend ses études en plein cœur de la Première Guerre Mondiale. Ainsi est-elle rapidement responsabilisée et mobilisée au sein des institutions hospitalières. D’abord élève du Dr Edouard Toulouse, elle devient salariée de la clinique neuropsychiatrique du Dr Heuyer en tant que docteure en psychiatrie. Elle bénéficie d’un service aménagé qui lui permet d’être mise à disposition d’organismes publics et privés désireux de tester le dépistage des enfants anormaux. En 1926, médecin en chef des asiles d’aliénés, elle participe ainsi à une expérience d’enquête médico-psychologique (EMP) systématique sur les enfants prévenus de la prison de la Petite Roquette (1927), expérience généralisée par circulaire en 1929 et étendue à la prison de Fresnes. Chef de clinique en psychiatrie infantile en 1928, le Dr Serin « teste » également les enfants des HBM de la Seine (1931), puis ceux des Jardins d’enfants de l’Aube (1932).
Pionnière, elle s’inscrit dans le nouveau positionnement de certains médecins psychiatres de la mouvance des cures libres, des services de psychiatrie ouverts et de la politique de prophylaxie mentale notamment auprès de Jacques Roubinovitch qui installe une consultation au sein de l’hôpital Henri Rousselle, premier service de psychiatrie ouvert.
En 1937, alors que les institutions de la justice des mineurs sont fortement critiquées avec la mort de Roger Abel, elle considère que « la vraie prophylaxie de l’enfance coupable doit surtout consister en un dépistage précoce et une protection effective des enfants délinquants et déficients ». Elle déplore leur vie misérable mais ne critique pas les institutions qui selon elle souffrent surtout de pas avoir le personnel médical et enseignant pour accomplir de vraies missions.
A la même époque, elle assume de nombreuses responsabilités (attachée au cabinet de Cécile Brunschvicg, expert à la commission sociale puis à la protection de l’enfance de la SDN, membre du Conseil supérieur de protection de l’enfance).
Après la guerre, en 1946, elle effectue une mission médicale au Yémen et devient experte
à la Commission économique et sociale des Nations-Unies
Par ailleurs dès les années 30, elle se rapproche des milieux féministes (membre de l’Union Française pour le Suffrage des Femmes) et devient membre de l’AFDU (Association des femmes diplômées de l’université) pour laquelle elle effectue des voyages d’étude en 1955 aux États-Unis et en 1962 en Pologne.
En 1955, elle enseigne la psychiatrie infantile dans les écoles d’infirmières et d’assistantes sociales.
A la fin de sa carrière, elle œuvre à la Maison de Sèvres qui accueille des enfants abandonnés et « en danger moral » et s’inscrit dans la mouvance de l’éducation nouvelle.
Elle décède le 30 juillet 1978 à Meudon

Texte : Séverine Dard

Source illustration : Photo L’essor féminin, 1935, Bibliothèque Marguerite Durand

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