Le cinéma rencontre une fréquentation croissante parmi la jeunesse dans les années 1950 qui, étant donné le prix modeste des tickets d’entrée, s’y rend volontiers plusieurs fois par semaine. Outre l’activité de la Commission de contrôle des films, qui exerce une censure de plus en plus sévère sur les longs métrages diffusés en salle, en fixant des autorisations de diffusion selon les âges des spectateurs, les revues spécialisées sur l’enfance et l’adolescence lancent à leur tour de nombreux signaux d’alarme. Elles s’attaquent notamment à l’affichage publicitaire pour les films d’aventure et policiers à l’extérieur des salles et sur les murs de la ville, jugé immoral si ce n’est obscène. Ces propagandes promotionnelles seraient ainsi de véritables incitations au crime et à la débauche en glorifiant des héros bandits ou en appâtant le public avec les chairs plus ou moins dénudées de femmes lascives et « fatales ».

Texte : Mathias Gardet

Source : Image et son, n°84, juillet 1955

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