À la fin du XIXe siècle, la législation française restreint et encadre le travail des enfants. Pourtant de jeunes Italiens occupent de petits métiers ambulants comme les vendeurs de statuettes à Paris ou à Marseille. Ils font l’objet de véritables trafics d’enfants. Ils finissent par devenir même une des figures pittoresques dans les collections de cartes postales sur les types de la rue et les petits métiers. Comme le montre la légende de cette carte postale du début du XXe siècle, dénoncer le travail des mineurs a pu aussi engendrer des peurs sociales et des préjugés discriminants, faisant passer tous les Italiens pour des profiteurs sans scrupule, prêts à prostituer leur femme et à envoyer leurs enfants travailler dans la rue. Cette vision partielle et péjorative des choses vint renforcer une certaine littérature dont le roman L’invasion écrit par Louis Bertrand en 1907 est une illustration. L’auteur accumule les clichés xénophobes et racistes sur les immigrés italiens à Marseille, qui constituaient alors un cinquième de la population de la ville.

Texte : Mathias Gardet

Source : carte postale, début XXe siècle

Crédit : collection particulière