À la Belle Époque, les milieux italiens, français et internationaux de la protection de l’enfance, dénoncent le calvaire et « la traite des petits Italiens » mis au travail dès le plus jeune âge, comme vendeurs ambulants à Paris ou à Marseille. Cette exploitation s’appuyait sur un véritable trafic d’enfants-migrants. Le cas des petits Italiens pose également la question des relations entre la construction du droit social et le contrôle croissant des migrations internationales à l’époque contemporaine. On a souvent affirmé qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, la protection sociale avait été bâtie sur des bases nationales, empêchant les étrangers d’en bénéficier. Mais au même moment, s’affirmait un clair souci de la protection de l’enfance, catégorie universellement reconnue comme vulnérable : leur nationalité étrangère a-t-elle donc conduit à exclure les petits Italiens de toute forme de protection ?

Texte : tiré de la présentation de la Conférence de Caroline Douki, maître de conférences en histoire contemporaine, Université Paris 8 effectué au Musée de l’immigration le 27 mai 2010 sous le titre : Exploités, protégés ? Les enfants migrants italiens au travail à la Belle Époque

Source : carte postale, début XXe siècle

Crédit : Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration
http://www.histoire-immigration.fr/collections/cireurs-napolitains