ROBIN Elie (1825-1907)

Né à Marennes (Charente-Maritime) en 1825, Elie Robin a tenu pendant 15 ans, de 1853 à 1868, l’aumônerie protestante de la Maison centrale d’Eysses, dans le Lot-et-Garonne, près de la ville de Monflanquin où il servait comme pasteur. Ses rapports avec les prisonniers l’y ont convaincu de s’engager dans le patronage des libérés, face au manque de protection et de travail qui attend ces derniers à leur sortie. A Eysses, il a déjà formé le projet d’un comité de patronage local qui a vu le jour en 1867. Appelé à desservir en juillet 1868 la paroisse populaire de Belleville à Paris comme pasteur auxiliaire, il y fonde avec des personnalités protestantes la Société de patronage des prisonniers libérés protestants de Paris l’année suivante. En tant que secrétaire général de la société, il prend une part active aux premiers Congrès pénitentiaires internationaux qui se tiennent à Londres (1872), Stockholm (1878), Rome (1885) puis Paris (1895). Il est un membre actif de la Société générale des prisons qui est créée en 1877 en France comme un laboratoire de la législation pénale. Il y présentera un certain nombre de rapports nourris de ses observations et réflexions sur les expériences étrangères, en particulier en Angleterre et aux Etats-Unis. Ses voyages à l’étranger inspirent deux de ses principales réalisations : l’Ecole industrielle qui, créée en 1877 au 7 rue Clavel sur le modèle des industrial schools d’Angleterre et des Etats-Unis, reçoit en 1888 34 enfants en apprentissage (18 placés par leur famille, 7 envoyés par l’Assistance publique, 9 récupérés à la prison de la Petite-Roquette) ; puis la Maison hospitalière pour les ouvriers protestants sans asile et sans travail qui ouvre en 1880 au 32 rue Clavel et accueille des prisonniers libérés mais aussi de simples chômeurs sur le principe de l’assistance par le travail. Il est secondé dans ses « œuvres de Belleville » à partir de 1896 par Etienne Matter qui prend le poste d’agent général de la Société de patronage. Resté secrétaire général de cette dernière, Elie Robin fonde au dehors en 1901 ou 1903 le premier asile de relèvement pour alcooliques en France, « La Ruche » au Pré Saint-Gervais. Nommé chevalier de la légion d’honneur en 1904, il s’éteint le 24 octobre 1907 à l’âge de 82 ans à son domicile du 26 rue Clavel.

Texte : Sylvain Cid