MAUROUX-FONLUPT Marie (1910-2000)

Marie Mauroux-Fonlupt est née à Brest en 1910 mais sa famille s’installe, en 1918, à Strasbourg d’où elle est originaire. Son père, avocat, milite dans le christianisme social, il adhère au Sillon un des organismes importants du moment, il sera le secrétaire de son fondateur, Marc Sangnier.
Très jeune, elle entre dans le scoutisme où elle rencontra Dominique Rhiel, la future fondatrice de l’internat d’Education Surveillée de filles à Brécourt, toutes deux seront responsables nationales de la fédération française des éclaireuses. Jardinière d’enfants dans les années 1930, Marie Mauroux-Fonlupt suit les cours de l’école Decroly à Bruxelles, un haut lieu des pédagogies nouvelles.
Elle se marie à la veille de la guerre. Elle entre, dans la résistance en 1942 avec son mari, qui lui sera déporté et mourra en camp de concentration. Jeune veuve et résistante, son beau-frère, Pierre Henri Teitgen, Garde des Sceaux, lui propose, début 1946, un poste d’inspectrice à la toute nouvelle direction de l’Education Surveillée. Elle est chargée de l’inspection des établissements religieux de filles (Bon Pasteur, Refuge….) et des services de la liberté surveillée.
Pendant toute sa carrière qui se termine en 1977, Marie Mauroux-Fonlupt inspecte plus de 80 de ces institutions dont 31 Bon Pasteur. Elle a, par le biais de ces inspections, un rôle important dans les tentatives de réforme de ces congrégations religieuses dont toutefois beaucoup disparaissent dans les années 1970, leur temps était révolu.
Dans ses abondants rapports qui nécessitent des visites de plusieurs jours, parfois d’une semaine, elle s’inquiète beaucoup du manque de qualification des personnels, des critères de répartition des jeunes dans les groupes, de l’aménagement des locaux, des lacunes de la formation professionnelle, des loisirs, de la fermeture sur le monde extérieur, de la survivance des ‘madeleines’ ces pupilles restant parfois à vie dans les murs du couvent.
La lecture de ces inspections est importante pour comprendre la réalité de la rééducation en institution des filles de justice dan la France de l’après-guerre. C’est à ce titre que l’œuvre de Marie Mauroux-Fonlupt, est à retenir. Ces écrits n’ont jamais été publiés, mais sont consultables aux archives nationales de Pierrefitte.
Marie Mauroux-Fonlupt est décédée en décembre 2000.
Texte : Jacques Bourquin